Dis moi que tu m'aimes. Répète le moi. Pour que je sente peser sur moi la tension, le désir factice d'une croyance des mots. Pour qu'un je t'aime suivi de caresses fasse pousser un lit d'espoir, la passion du corps inconnu.
Dépose toi doucement sur une poupée de sang et de chair, moi. Caresse chaque recoin même occulte de ce corps à la peau de lait. Découvre patiemment ce qui t'est inconnu et embrasse moi. Ne cesse pas. Ne reprend pas ton souffle. Ne salive pas. Juste tes lèvres et ma peau dans une danse adultère de mes lèvres. Tu sais, tes yeux ne m'ont pas charmé, ton profil non plus, juste ta salive, tes efforts indicibles pour me montrer un amour maladroit . Tes charmes ne m'ont pas charmé, ils ont été seulement un atout à le découverte de nos deux êtres radialement opposés. Nous apprenons, toi le goût de ma peau et moi la chaleur de tes lèvres. Cet apprentissage alangui, ces tendresses d'enfant nous empêcheront de nous oublier. Mais se connaitre est un art, se découvrir n'en est que plus beau, s'apprendre, s'abandonner à force de bonheur, c'est inexplicable.
Nous y croirons. J'y croirai pour toi si tu n'y es pas résolu et j'aimerais pour moi, pour m'adoucir. Si j'aime assez fort. Si et seulement si je réussis à me nourrir de cet amour et à en vivre. Si je respire uniquement grâce à cela et regarde uniquement à travers cela : alors oui, enfin, je te le dirai, je te le montrerai assez bien pour devenir une maitresse élevée à la douceur amère. Quoique pas bête animal ni bête de bêtises, une bête de nos sens. Cette idée de collé-serré me tourne la tête. Le désir du début me rend ivre, de tant d'espoirs, de tant de croyances si éloignées de la religion. Peut-être qui sait d'une toute nouvelle religion, celle de l'amour, du tremblement des lèvres, de l'adoucissement des esprits.
Deux par deux, débauchés ou si peu. Amoureux ou presque. Poser des émotions dans un carcan de signification tient du ridicule, en ressortir des mots épinglé à des définitions est bêtement lamentable.
Non, nous nous serons les précurseurs de l'amour, de ses mots tus, de ces caresses tentées. mais surtout, de la poésie douce et sucrée de deux corps dans l'amour. Dans les émotions et dans l'action.